mardi 23 octobre 2007

Fonctionner sur l'adrénaline ou plutôt sur le cortisol

Si un ours vous attaque ou si vous voyez un fou du volant se diriger vers vous, vous avez besoin de toute votre énergie pour fuir ou combattre (la fuite est préférable dans ces deux exemples). Lors d’un stress, de petites glandes situées juste sur le dessus de vos reins et qu’on appelle les surrénales, vont se mettre à produire de l’adrénaline et du cortisol. Ce sont des substances essentielles à votre survie en cas de stress aigu et intense comme une agression.

L’adrénaline donne une poussée à votre métabolisme, elle accélère le rythme cardiaque et élève la pression sanguine. Elle fait en sorte que votre sang se retire (pas en entier bien sûr) de certaines régions de votre corps comme le système digestif et la peau. Le sang est redirigé vers des parties qui en ont besoin pour fuir ou combattre comme les muscles, le cœur, les poumons et le cerveau.

L’adrénaline travaille dans le court terme, elle disparaît donc assez rapidement. Le premier afflux d’adrénaline peut procurer un certain bien-être, cet effet peut même être recherché par certaines personnes. Mais l’effet ne dure pas longtemps, le niveau d’adrénaline redescend relativement rapidement.

Le cortisol, sécrétée en petites quantités, a des effets positifs sur l’organisme. Il mobilise l’énergie en faisant circuler le gras et en le transformant en sucre, donc en énergie. Le cortisol est anti-inflammatoire, il protège donc l’organisme de la douleur.

Le cortisol agit sur le long terme. Alors que le niveau d’adrénaline chute, la quantité de cortisol continue à augmenter et à se répandre dans l’organisme. En plus, le cortisol disparaît lentement de l’organisme. Ainsi, si un autre événement stressant vient stimuler l’organisme de nouveau, le cortisol s’accumule.
Une fois le danger passé, le corps va donner un signal qu’il a besoin de refaire ses ressources, donc de se reposer et de manger. Ce signal doit être activé pour que le fonctionnement du corps revienne à la normale. Les niveaux d’adrénaline et de cortisol vont redescendre et du coup le rythme cardiaque et la pression, les autres systèmes vont retourner à leurs activités régulières.

Mais qu’arrive-t-il lorsque le stress revient constamment ou persiste trop longtemps? Si l’exposition au stresseur persiste, le corps passe dans la phase de résistance. Durant la phase de résistance, votre organisme continue à libérer du cortisol en plus grande quantité.

Le cortisol continue son travail qui est de faire produire de l’énergie, le taux de sucre dans le sang augmente et celui du cholestérol aussi. De grandes quantités de cortisol nuit à la cicatrisation des plaies et diminue l’immunité favorisant les infections. La pression sanguine est augmente, la thyroïde fonctionne moins bien, la densité osseuse diminue ainsi que le tissu musculaire.

Le corps va s’adapter en emmagasinant du gras autour de la taille de façon à ce que des réserves soient disponibles, le corps fait son épicerie au cas où. Un taux élevé de cortisol stimule le besoin en nourriture riche en sucre et gras.

Selon des recherches récentes, manger des aliments sucrés et gras constitue une façon pour les personnes stressées de diminuer leur stress. C’est ce que font les animaux qui doivent rester en état de vigilance à cause d’un prédateur par exemple. Le stress des employés de bureau est aussi évacué ou diminué de cette façon.

Mais à plus ou moins long terme, l’organisme va se fatiguer, le système de réponse au stress va se dérégler ainsi que les autres systèmes. Le véhicule devient alors usé par une surutilisation.

Quand on ne peut échapper au stress et que l’organisme est surutilisé pour faire face, on parle de stress chronique. Ce peut être le cas pour quelqu’un qui vit constamment des conflits familiaux ou qui ne peut se trouver un emploi après un congédiement. Mais il ne s’agit pas toujours d’un événement dramatique, il peut s’agir d’une accumulation de soucis. La façon de vivre une situation comme la solitude et la pauvreté peut constitue aussi un agent de stress. Pour qu’il y ait stress, il suffit que la situation soit perçue comme désagréable ou dangereuse. Si la situation persiste et si les stratégies pour y faire face échouent, alors le stress devient chronique.

Celui qui peut réagir adéquatement devant un stress, va utiliser l’énergie mobilisée et son organisme va retourner en état d’équilibre. Il s’ensuit alors une sensation de bien-être, de satisfaction et même un plaisir. On ressent aussi une bonne fatigue. Le stress qui ne s’accumule pas peut même être vu comme contribuant à une vie excitante. Certaines personnes deviennent accrochées à l’adrénaline, elles cherchent les situations de stress dans le jeu ou les sports extrêmes pour se sentir plus vivantes.

Par contre lorsqu’il n’y a pas de passage à l’acte, lorsque l’action est inhibée, par exemple parce que vous ne pouvez agresser votre patron et que la situation se répète, il n’y a pas décharge de l’énergie et le corps tente tant bien que mal de s’adapter. Que les raisons de se retenir soient bonnes ou non, l’inhibition transforme l’énergie qui aurait dû servir à l’action en tensions, malaises, angoisse et autres effets physiques.

La durée est importante, si le stress arrête rapidement, il n’y aura pas ou peu de dommages. Mais un stress de durée moyenne peut être plus nocif qu’un autre de plus longue durée auquel on s’est habitué.

Des recherches ont démontré que les personnes ayant un taux élevé de cortisol pendant des années vieillissent plus rapidement que les autres.



Sources :
Compte rendu en français d,un article du New York Times
Fuga, printemps 2006, « Entre la tête et le cœur. Les effets du stress sur la santé cardiovasculaire » Sylvain Legault, MD, cardiologue
Comment vaincre sa fatigue, Dr Jean-pierre Lablanchy, M.A. Editions, Paris 1985
http://www.douglasrecherche.qc.ca/groups/stress/general-public/deconstructing-stress/stages-chronic-stress.asp?l=f
http://lecerveau.mcgill.ca/flash/a/a_08/a_08_m/a_08_m_dep/a_08_m_dep.html
http://www.redpsy.com/infopsy/stress.html
http://psydoc-fr.broca.inserm.fr/colloques/cr/Stressimmunite/defstressTh.html
http://fr.clearharmony.net/articles/200309/9864.html
http://schwann.free.fr/coursstress.html
http://stress.about.com/od/stresshealth/a/cortisol.htm
http://en.wikibooks.org/wiki/Demystifying_Depression:The_Stress_System
http://www.mayoclinic.com/health/stress/SR00001
http://www.sylvierousseau.com/article13.html