Un stresseur déclenche une réaction d’ALARME et une gigantesque cascade de réactions biologiques
Le cerveau recueille les informations par l’intermédiaire des sens. Le monde est représenté dans notre cerveau sous formes d’influx nerveux. Ces influx sont d’abord acheminés dans le cerveau vers trois grandes zones. La zone frontale ascendante, à l’avant de votre tête, rassemble les informations liées à la représentation sensori-motrice. La zone occipitale (à l’arrière de votre crâne au bas près de la nuque) rassemble les informations visuelles. La zone temporale (au niveau des tempes) s’occupe des informations du langage et des sons.
Ces trois grandes zones reçoivent des messages du monde extérieur, les comprennent et y répondent par des réactions physiologiques ou plutôt par des influx nerveux. Elles sont reliées à d’autres zones importantes du cerveau. En particulier à l’amygdale, il ne s’agit pas de la gorge mais d’une zone concentrée de neurones dans le cerveau qui s’occupe des signaux d’alarme. L’amygdale est comparable à un détecteur de feu, elle compare les influx qu’elle reçoit aux mémoires conservées et déclenche immédiatement l’alerte en cas de danger ou de ce qui ressemble le moindrement à un danger.
L’amygdale est donc LE détecteur de stresseurs.
En plus d’avoir un amygdale dans le cerveau, véritable détecteur et déclencheur d’alarme, vous avez aussi un hippocampe, non pas le petit cheval marin, mais aussi une concentration de neurones qui se consacre, elle, aux stockages de souvenirs. Amygdale et hippocampe travaillent de concert pour initier les réactions de stress.
Une fois l’alarme déclenchée, que se passe-t-il?
L’amygdale envoie ses signaux d’alarme un peu partout dans le cerveau pour préparer les réactions d’urgence de fuite ou de combat. Les autres parties du cerveau vont évaluer la menace et choisir la manière de la contrer et mobiliser les ressources de l’organisme.
L’amygdale envoie ses signaux, entre autres, à l’hypothalamus. Et ceci est important puisqu’on peut dire que l’hypothalamus est le centre de gestion des émotions, en dépit du fait que l’hypothalamus est minuscule. À noter que l’hypothalamus s’occupe aussi de la faim, plus précisément du sentiment de satiété, de la soif, du sommeil, de la régulation de la température et des comportements sexuels, toutes choses qui sont perturbées par un événement stressant, vous en conviendrez.
De façon générale, l’hypothalamus gère la stabilité des hormones, il s’occupe de l’hypophyse une glande maîtresse qui agit sur toutes les autres glandes.
L’hypophyse se trouve aussi dans le cerveau mais n’est pas faite de neurones, c’est une glande, c’est le chef d’orchestre des autres glandes du corps. On l’appelle aussi glande pituitaire. L’hypophyse sécrètent toutes sortes d’hormones, comme l’hormone de croissance qui stimule le métabolisme des sucres, favorise la synthèse des protéines donc des muscles et la dégradation des graisses. L’hypophyse produit d’autres hormones comme la prolactine, le FSH qui permet la maturation des spermatozoïdes, le TSH qui agit sur la thyroïde, l’ACTH qui agit sur les surrénales activant la sécrétion de la cortisone et du cortisol et les endorphines.
La réaction d’alarme aura donc des répercussions sur toutes les glandes et en particulier la thyroïde, le thymus qui est très important dans les défenses immunitaires, le pancréas, les glandes surrénales au niveau des reins et même les testicules et les ovaires.
Les surrénales sont extrêmement importantes dans le système, elles produisent l’adrénaline qui envahit le corps. L’adrénaline accélère les battements du cœur, le cœur bat plus vite, la pression augmente aussi. Les poumons accroissent leur activité pour aller chercher le maximum d’air. Plus d’oxygène circule donc dans le sang et plus vite, ce qui aide les muscles pour faire face à l’action et permet de produire le sucre nécessaire pour agir, se battre ou se sauver.
Il se produit toutes sortes d’autres réactions physiologiques. Extérieurement, les pupilles se dilatent et les poils se hérissent. Il y a rétention de sel et d’eau, élévation de la glycémie et modifications des sécrétions de l’intestin. Les mécanismes physiologiques qui nous permettent de réagir sont immédiatement sollicités face à une situation stressante. Les fonctions non essentielles comme la reproduction et la digestion sont remises à plus tard. Comme nous ne disposons que d’une certaine quantité d’énergie, lorsque certaines parties du corps comme les muscles en ont un besoin accru, l’énergie va être empruntée à un autre système qui en a moins besoin à ce moment précis, certains organes doivent se sacrifier. Généralement, c’est le système digestif qui écope en premier et la digestion est momentanément stoppée. Le tube digestif se met au repos, les sphincters se ferment et les reins travaillent moins. Les fonctions d’élimination sont donc ralenties. Il en va de même des fonctions reproductrices, faire l’amour devient moins important en situation de stress.
Sources :
Compte rendu en français d’un article du New York Times
L’amygdale et ses alliés http://lecerveau.mcgill.ca/flash/i/i_04/i_04_cr/i_04_cr_peu/i_04_cr_peu.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Hypothalamus
http://www.doctissimo.fr/html/sante/encyclopedie/sa_679_hypophyse_general.htm
Comment vaincre sa fatigue, Dr Jean-pierre Lablanchy, M.A. Editions, Paris 1985
Entre la tête et le cœur. Les effets du stress sur la santé cardiovasculaire, Sylvain Legault, MD, cardiologue, Fuga, printemps 2006
Gérer et rentabiliser son stress, Vitalité Québec, septembre 2006, Pierre Milot, Ph. D
mercredi 5 septembre 2007
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